Chapitre 2. Gérer les services lancés au démarrage

Table des matières
1. Introduction
2. Comment s'effectue le lancement des services au démarrage et à l'arrêt de votre Debian GNU/Linux ?
2.1. Services et niveaux de démarrage
2.2. Changer de niveau de démarrage
2.3. Lancement automatique des services au démarrage de votre Debian GNU/Linux
2.4. Lancement manuel des services
3. Création d'un script de démarrage
4. Installation de liens vers les scripts de démarrage
5. Désinstallation de liens vers les scripts de démarrage
6. Annexe : fichier /etc/inittab

Tableau 2-1. Evolution de cet article

DateAjout(s) / Modification(s)
15 decembre 2003Version initiale très fortement inspiré de la version publié par l'équipe d'Andesi.

1. Introduction

A la différence des distributions telles que RedHat ou Mandrake, la distribution Debian GNU/Linux n'utilise pas de fichier rc.local. Ce fichier permet la gestion des scripts de démarrage. La commande update-rc.d provenant du paquet sysv-rc spécifique à Debian remplace avantageusement ce script.

2. Comment s'effectue le lancement des services au démarrage et à l'arrêt de votre Debian GNU/Linux ?

2.1. Services et niveaux de démarrage

La commande init a pour rôle de démarrer vos services par l'intermédiaire du fichier de configuration /etc/inittab.

NoteDéfinition d'un service
 

Un service (ou daemon en anglais) est une application qui s'execute en tâche de fond pendant toute la durée d'utilisateur de votre machine.

On assimile souvent un service à un serveur.

Le serveur web Apache utilise par exemple un service nommé apached pour Apache Daemon. Ce service traite les requetes qui arrivent sur la port HTTP de la machine sur laquelle Apache est installé pour ensuite renvoiyer à l'expéditeur la page Web que ce dernier a demandé.

Le fichier /etc/inittab permet de définir quels scripts sont lancés au démarrage ainsi que le niveau de démarrage par défaut de votre Debian GNU/Linux

NoteDéfinition d'un niveau de démarrage
 

Un niveau de démarrage (ou runlevel en anglais) correspond un etat de votre Debian GNU/Linux. Cet état est défini par un certains nombre de service qui s'exécutent dans cet état.

Il existe par convention 7 niveaux de démarrage :

  • 0 : arrêt du système (halt)

  • 1 : mode utilisateur unique (single user). Ce mode est utilisé généralement si vous rencontrez des problèmes avec certains services lancés au démarrage car le minimum de services sont démarrés et vous pouvez seulement vous identifier en tant qu'utilisateur root.

  • 2 à 5 : mode multi-utilisateur car sous Debian tous ces niveaux sont identiques. Ce mode vous permet de vous identifier en n'importe quel utilisateur.

  • 6 : redémarrage (reboot)

L'environnement d'un niveau de démarrage est défini par les liens présents dans le répertoire /etc/rcX.dX représente le niveau de démarrage concerné. Les scripts quand à eux se situent dans le répertoire /etc/init.d.

2.2. Changer de niveau de démarrage

Le changement du niveau de démarrage peut s'effectuer uniquement le super-utilisateur (root) grâce à la commande init.

Pour passer passer par exemple du niveau de démarrage courant au niveau de démarrage numéro 1 il suffit de taper :

# init 1

Le niveau de démarrage par défaut est défini dans les premières lignes du fichier /etc/inittab. Dans la version présente en annexe de cet article le niveau de démarrage par défaut est le niveau numéro 2 comme on peut le voir sur la ligne ci-dessous :

id:2:initdefault:

2.3. Lancement automatique des services au démarrage de votre Debian GNU/Linux

Soit un service mon_script. Pour que ce service se lance au niveaux de démarrage 2 et 6 il faut faire des liens symboliques dans les répertoires /etc/rcX.d correspondant vers notre script placé dans le répertoire /etc/init.d. Pour cela :

# ln -s /etc/init.d/mon_script /etc/rc2.d/S20mon_script
# ln -s /etc/init.d/mon_script /etc/rc6.d/S20mon_script

Ces liens sont nommés selon une méthode très précise : une lettre (K ou S) suivi d'un chiffre (20 dans cet exemple) puis du nom du script.

  • Le S signifie que le script doit être démarrer (l'argument passé au script sera start) alors que le K signifie que le script doit être arrêté (l'argument passé au script sera stop).

  • Le chiffre définit la priorité de lancement et d'arrêt des scripts. On lance les script de démarrage et d'arret par ordre de priorité en commençant par le script ayant la priorité la plus faible jusqu'au script ayant la priorité la plus haute.

  • Par exemple S20mon_script sera démarré après le script S10un_autre_script, et le script K20mon_script sera arrêté après le script K12encore_un_autre_script.

2.4. Lancement manuel des services

Les scripts doivent être fait de tel sorte que l'on puisse les démarrer et les arrêter manuellement a l'aide des parametres start et stop.

Ainsi pour démarrer manuellement notre script on devrait taper :

# /etc/init.d/mon_script start

Et pour l'arrêter on devrait saisir :

# /etc/init.d/mon_script stop

3. Création d'un script de démarrage

Un script de démarrage a un minimum de fonctions a remplir si l'on veut qu'il soit correctement utilisé par le système. Le script suivant est suffisament commenté pour vous permettre d'en comprendre le contenu. Vous aurez toutefois besoin de connaitre les bases de la programmation par script.

ImportantProgrammation de script
 

Dans notre exemple nous avons utilisé le language de l'environnement bash. Pour plus d'information sur ce puissant environnement reportez vous a la page du manuel d'utilisation de votre Debian GNU/Linux grace à la commande :

$ man bash

Voici un exemple commenté de script de démarrage :

#!/bin/sh

## Script basique donné à titre d'exemple pour montrer le fonctionnement
## d'un script de démarrage.

## /etc/init.d/apache_exemple: démarre et arrête le service apache

## On définit la valeur de quelques variables avant de commencer le script proprement dit.
# Répertoires contenant de nombreux programmes exécutables
PATH=/bin:/usr/bin:/sbin:/usr/sbin
# Chemin vers le programme qui démarrera Apache
DAEMON=/usr/sbin/apache
# Optionnel : définit le nom et la description qui s'afficheront lors du démarrage ou de
# l'arrêt du script
NAME=apache
DESC="Webserver"

## Début du script proprement dit
# On vérifie tout d'abord que le programme apachectl est exécutable, sinon fin du script
test -x $DAEMON || exit 0

# Suivant l'argument que l'on va ajouter après le nom du script, on va définir différentes
# possibilités aux script grâce à l'instruction case
case "$1" in
    # si on tape # /etc/init.d/apache_exemple start, les instructions qui suivent vont être
    # exécutées
    start)
        # Affiche : « Starting Webserver: apache »
        # $DESC et $NAME sont bien entendu les variables que l'on a défini plus haut
        echo -n "Starting $DESC: $NAME"
        # Lance le serveur web Apache
        apache & >& /dev/null
        echo "."
        ;;
    # Fin des instructions si on met l'argument start après le nom du script
    # si on tape # /etc/init.d/apache_exemple stop, les instructions suivantes vont être
    # exécutées
    stop)
        # Affiche : « Stopping Webserver: apache »
        echo -n "Stopping $DESC: $NAME"
        # Tue tous les processus portant le nom « apache » sauvagement (« -9 ») et n'affiche
        # pas le résultat (« /dev/null »)
        killall -9 apache >& /dev/null
        echo "."
        ;;
    # Fin des instructions si on met l'argument stop après le nom du script
    # si on tape /etc/init.d/apache_exemple restart, les instructions suivantes vont être
    # exécutées
    restart)
    # Affiche : « Restarting Webserver: apache»
        echo -n "Restarting $DESC: $NAME"
        # Vérifie si le processus apache est déjà lancé ou non
        if [ -z "$(ps ax | egrep apache)" ]; then
        # Si il n'est pas lancé alors on affiche : « Apache isn't running, so not killed »
            echo " Apache isn't running, so not killed" ;
        else
        # Sinon on tue tous les processus portant le nom apache comme décrit précédemment
            killall -9 apache >& /dev/null ;
        fi
        # Attente d'une seconde avant de continuer le script
        sleep 1
        # Enfin on démarre le serveur apache
        apache >& /dev/null
        echo "."
        ;;
    # Si on tape # /etc/init.d/apache alors le script affichera les différents arguments que
    # l'on peut donner au script
    *)
        echo "Usage: /etc/init.d/$NAME start|stop|restart" >&2
        exit 1
        ;;
esac

exit 0
# Fin du script !

Une fois que vous avez enregistré ce fichier dans le répertoire /etc/init.d sous le nom apache_exemple, il ne vous reste plus qu'à le rendre exécutable. Pour cela :

# chmod 755 /etc/init.d/apache_exemple

Si vous avez installé le serveur Apache installé sur votre Debian GNU/Linux vous pouvez vérifier que votre script fonctionne avec les commandes suivantes :

# /etc/init.d/apache_exemple start
# /etc/init.d/apache_exemple stop

4. Installation de liens vers les scripts de démarrage

Maintenant que notre script est crée nous devons le configurer pour qu'il s'éxecute dans le niveau de démarrage voulu. Pour cela nous allons utiliser et décrire le fonctionnement de la commande update-rc.d.

Si vous voulez exécuter notre script apache_exemple dans les niveaux de démarrage par défaut avec la priorité 20 :

# update-rc.d apache_exemple defaults 20

Ce qui produit le résultat suivant dans votre terminal :

Adding system startup for /etc/init.d/apache_exemple ...
/etc/rc0.d/K19apache_exemple -> ../init.d/apache_exemple
/etc/rc1.d/K19apache_exemple -> ../init.d/apache_exemple
/etc/rc6.d/K19apache_exemple -> ../init.d/apache_exemple
/etc/rc2.d/S19apache_exemple -> ../init.d/apache_exemple
/etc/rc3.d/S19apache_exemple -> ../init.d/apache_exemple
/etc/rc4.d/S19apache_exemple -> ../init.d/apache_exemple
/etc/rc5.d/S19apache_exemple -> ../init.d/apache_exemple

On constate ainsi que les liens sont tous créés avec la lettre S pour les niveaux de démarrage standard du système et K pour les autres.

Si vous voulez définir un niveau de démarrage et un niveau d'arret pour votre script vous pouvez utiliser la commande suivante :

# update-rc.d apache_exemple start 20 5 . stop 40 6 .

Ce qui produit le résultat suivant dans votre terminal :

Adding system startup for /etc/init.d/apache_exemple ...
/etc/rc6.d/K40apache_exemple -> ../init.d/apache_exemple
/etc/rc5.d/S10apache_exemple -> ../init.d/apache_exemple

De cette autre façon les liens sont créés uniquement pour les niveaux de démarrage 5 et 6. On a assigné des priorités différentes selon le niveau de démarrage. Le point à la fin de ligne est très important car il marque la fin de votre commande.

5. Désinstallation de liens vers les scripts de démarrage

Si vous souhaitez désinstaller le script précédent afin qu'il ne soit plus lancé au démarrage. Deux cas de figure se présentent à vous :

Dans le premier cas, il vous suffit de taper :

# rm /etc/init.d/apache_exemple
# update-rc.d apache_exemple remove

Dans le second cas vous devez seulement saisir :

# update-rc.d apache_exemple remove

6. Annexe : fichier /etc/inittab

Voici un exemple de fichier /etc/inittab

# /etc/inittab: init(8) configuration.
# $Id: inittab,v 1.91 2002/01/25 13:35:21 miquels Exp $

# The default runlevel.
id:2:initdefault:

# Boot-time system configuration/initialization script.
# This is run first except when booting in emergency (-b) mode.
si::sysinit:/etc/init.d/rcS

# What to do in single-user mode.
~~:S:wait:/sbin/sulogin

# /etc/init.d executes the S and K scripts upon change
# of runlevel.
#
# Runlevel 0 is halt.
# Runlevel 1 is single-user.
# Runlevels 2-5 are multi-user.
# Runlevel 6 is reboot.

l0:0:wait:/etc/init.d/rc 0
l1:1:wait:/etc/init.d/rc 1
l2:2:wait:/etc/init.d/rc 2
l3:3:wait:/etc/init.d/rc 3
l4:4:wait:/etc/init.d/rc 4
l5:5:wait:/etc/init.d/rc 5
l6:6:wait:/etc/init.d/rc 6
# Normally not reached, but fallthrough in case of emergency.
z6:6:respawn:/sbin/sulogin

# What to do when CTRL-ALT-DEL is pressed.
ca:12345:ctrlaltdel:/sbin/shutdown -t1 -a -r now

# Action on special keypress (ALT-UpArrow).
#kb::kbrequest:/bin/echo "Keyboard Request--edit /etc/inittab to let this work."

# What to do when the power fails/returns.
pf::powerwait:/etc/init.d/powerfail start
pn::powerfailnow:/etc/init.d/powerfail now
po::powerokwait:/etc/init.d/powerfail stop

# /sbin/getty invocations for the runlevels.
#
# The "id" field MUST be the same as the last
# characters of the device (after "tty").
#
# Format:
#  <id>:<runlevels>:<action>:<process>
#
# Note that on most Debian systems tty7 is used by the X Window System,
# so if you want to add more getty's go ahead but skip tty7 if you run X.
#
1:2345:respawn:/sbin/getty 38400 tty1
2:23:respawn:/sbin/getty 38400 tty2
3:23:respawn:/sbin/getty 38400 tty3
4:23:respawn:/sbin/getty 38400 tty4
5:23:respawn:/sbin/getty 38400 tty5
6:23:respawn:/sbin/getty 38400 tty6